Jacques Cellard 1920- 2004

Jacques Cellard, chroniqueur au "Monde"

Un gourmand de la langue française.
Jacques Cellard, qui est mort jeudi 11 novembre 2004 à l'âge de 84 ans, a été, de 1971 à 1985, le chroniqueur, au Monde, de "La vie du langage". Ceux qui lisaient le journal à ce moment-là, ou qui ont eu entre les mains un livre regroupant plusieurs années de chroniques, ont sûrement gardé le souvenir d'un homme qui aimait les mots comme il aimait la vie, la nourriture, le vin, les femmes. Avec humour et gourmandise.
Il s'amusait aussi à jouer, en souriant, les redresseurs de torts, évoquant le « serpents de mer » de la chronique de langage. Ce qu'il faut éviter : « Je m'excuse » ; « Vous n'êtes pas sans ignorer ». Ce dont il faut se souvenir en dépit de toute la pollution orale qu'on entend : que « après que » se construit avec l'indicatif ; que les « coupes » ne sont pas « sombres » quand il faut par exemple réduire un budget gravement, mais « claires » ; que ce qui ne dure pas longtemps « fait long feu » et non pas « ne fait pas long feu ».

Ce pédagogue ironique avait pris goût à la langue française et à ses pièges en l'enseignant aux étudiants étrangers, à la Sorbonne, à Paris. Il aimait tant le langage, qu'il détestait le carcan dans lequel on veut parfois l'enfermer ; la pauvreté d'un vocabulaire qu'on ne disait pas encore « politiquement correct », mais qui l'était déjà, les jargons de toutes sortes, censés signaler une expertise. Cela l'avait notamment conduit à faire avec Alain Rey, autre linguiste gourmand, un passionnant Dictionnaire du français non conventionnel, paru d'abord en 1980, puis dans une édition revue et actualisée, en 1991 (Hachette). 880 pages, 3 000 mots et locutions, tous accompagnés d'une note historique et de citations.

Autre passion de Jacques Cellard, l'argot a été l'occasion, en 1986, d'une Anthologie de la littérature argotique des origines à nos jours (éd. Mazarine). « Lecteur... Je te préviens ! disait d'emblée Cellard. Tu vas respirer l'air cadavéreux des égouts du bagne, tu vas visiter les cachots. » On n'était pas déçu, en entrant dans cet univers où les chats sont des greffiers (assez facile), mais où l'on peut demeurer perplexe quand Cellard affirme : « C'est pas mon blot ».

Enfin, quel amoureux fou du français à travers les âges n'aimerait pas l'érotisme et le XVIIIe siècle ? Peut-être « quelque pisse-froid dont je ne suis pas », aurait sans doute ri Jacques Cellard, l'œil malicieux derrière la fumée de son cigare. Ainsi, parmi ses nombreux livres, outre les dictionnaires et anthologies, on relèvera, Les Petites marchandes de plaisir (Balland, 1991), les aventures, multiples (336 pages), en forme de journal de bord, d'une prostituée épanouie de la Belle Epoque. Et, en 2000, une excellente biographie de Rétif de La Bretonne, "Un génie dévergondé. Nicolas-Edme Rétif, dit « de La Bretonne » 1734-1806" (Plon). « Derrière la saveur de son livre, insolent et narquois, se dissimule en fait une intransigeante critique des sources », écrivait Maurice Lever ("Le Monde des livres" du 30 juin 2000). Insolent et narquois : c'est sans doute ainsi que Jacques Cellard aimerait qu'on se souvienne de lui.

par Josyane Savigneau | article paru dans Le Monde (14.11.04)Source : http://www.lemonde.fr/

Terug




Sidonie Gabrielle Colette

(Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne, 28 janvier 1873 - Paris, 3 août 1954), dite Colette, est une romancière française, élue membre de l’Académie Goncourt en 1945.


Biographie

Dernière enfant du couple formé par ces parents mythiques que sont devenus Sido (Sidonie Landoy) et le capitaine Colette, celle qui deviendra Colette a vécu une enfance heureuse à Saint-Sauveur-en-Puisaye, petit village de Bourgogne. Adorée par sa mère comme un « joyau tout en or » au sein d’une nature fraternelle, elle rencontre adolescente Henry Gauthier-Villars, surnommé 'Willy', avec qui elle se marie le 15 mai 1893 à Châtillon-Coligny. Willy, auteur de romans populaires, est un viveur parisien qui fait également travailler à son profit une équipe de collaborateurs. Il introduit Colette dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale. Vite saisi par les dons d’écriture de sa jeune épouse, Willy l’engage à écrire ses souvenirs d’école, qu’il signe sans vergogne de son seul nom. Ce sera Claudine à l'école, bientôt suivi d’une série de Claudine (La Maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc.), dont les romans seront publiés sous le nom du seul Willy.

Willy fut, entre autres, l’amant de Marie-Louise Servat (dite Germaine), femme d’Émile Courtet, à qui il donna un fils, Jacques Henry Gauthier-Villars. Jalouse, consternée de devoir être enfermée dans un rôle d’épouse bafouée, Colette se libère de plus en plus de cette tutelle, et, encouragée par Georges Wague, commence une carrière dans le music-hall (1906-1912), où elle présente des pantomimes orientales dans des tenues suggestives, puis au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge et à Bataclan. Ce sont des années de scandale et de libération morale: elle divorce d’avec Willy en 1906 et connaît plusieurs aventures féminines, notamment avec Mathilde de Morny (Missy), fille du duc de Morny et sa partenaire sur scène ou Nathalie Barney-Clifford dite "l'Amazone" . Mais, durant toute cette période, Colette chemine aussi dans sa vocation d’écrivain. Elle publie des ouvrages évoquant ces années: la vagabonde, l’Envers du music-hall, En tournée, etc. Une attention de plus en plus précise à la justesse des mots, notamment lorsqu’ils sont chargés d’exprimer l’effusion dans la nature, une sensualité librement épanouie pour revendiquer les droits de la chair sur l’esprit et ceux de la femme sur l’homme, voilà quelles sont les lignes de force de cette écriture qui reste encore à saluer, tant, ici encore, la critique littéraire a manifesté son machisme.



Après son divorce, Colette a une brève liaison avec Auguste-Olympe Hériot, rencontré à la fin de 1909. Elle rencontre ensuite Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu’elle épouse en 1912 et qui l’engage à donner quelques billets et reportages au journal le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De lui, elle aura sa seule enfant, Colette Renée de Jouvenel, dite « Bel-Gazou » ["beau gazouillis" en provençal]. À quarante ans, elle joue aussi un rôle d’initiatrice de l’amour auprès du fils d’Henry,Bertrand de Jouvenel, dix-sept ans, expérience qui nourrira les thèmes et les situations dans Le Blé en herbe. En ce qui concerne Chéri, il s’agit d’un fantasme qui est devenu réalité, puisque le livre est publié en 1920 mais sa conception remonte à 1912, soit quelques années avant sa liaison avec Bertrand de Jouvenel. Le divorce d’avec Henry de Jouvenel sera prononcé en 1923. Comme elle le fera pour Willy dans Mes apprentissages, Colette se vengera de son ex-mari dans Julie de Carneilhan.

Mélomane avertie, Colette collabore avec Maurice Ravel entre 1919 et 1925 pour la fantaisie lyrique l'Enfant et les sortilèges. Elle a été l’amie de la reine Elisabeth de Belgique, Marguerite Moreno et Natalie Barney et a eu quelques brouilles avec la célèbre demi-mondaine de la Belle Époque, Liane de Pougy.

Pendant l’occupation, Colette séjourna chez sa fille en Corrèze dans le village de Curemonte.

En 1945, Colette est élue à l’unanimité à l’Académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. En 1953, elle est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. L’écrivain est au faîte de sa gloire et de son talent quand elle s’installe dans son appartement du Palais-Royal pour ne plus le quitter. Elle compte Jean Cocteau parmi ses voisins. Sur ses vieux jours, Maurice Goudeket, son dernier mari, l’aidera à supporter son arthrose. Elle meurt le 3 août 1954.

Malgré sa réputation sulfureuse et le refus, par l’Église catholique, des obsèques religieuses, Colette est la seule femme à avoir eu droit à des funérailles nationales. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris[1]. Sa fille reposant à ses côtés.


Œuvres

  • Claudine (1900-1903)
  • Dialogues de bêtes (1904)
  • La Retraite sentimentale (1907)
  • Les Vrilles de la Vigne (1908)
  • L'Ingénue libertine (1909)
  • La Vagabonde (1910)
  • L'Entrave (1913)
  • L'Envers du music-hall (1913)
  • La paix chez les bêtes (1916)
  • Les heures longues (1917)
  • Dans la foule (1918)
  • Mitsou (1919)
  • Chéri (1920)
  • La Chambre éclairée (recueil de textes publiés dans la presse à la fin de la Première Guerre mondiale, 1922)
  • La Maison de Claudine (1922)
  • Le Blé en herbe (1923)
  • La femme cachée (1924)
  • La fin de Chéri (1926)
  • La Naissance du jour (1928)
  • La seconde (1929)
  • Sido (1930)
  • Le Pur et l'Impur (1932)
  • La Chatte (1933)
  • Duo (1934)
  • Mes apprentissages (1936)
  • Le toutounier (1939, suite de Duo)
  • Gigi (1944)
  • L'Étoile Vesper (1946)
  • Le Fanal bleu (1949)
  • Julie de Carneilhan (~1941)
  • Journal à rebours (1941)
  • Paris de ma fenêtre (1944)


Omhoog

Terug naar de boeken van Colette






Crébillon fils 1707- 1777

Claude Prosper Jolyot de Crébillon, dit Crébillon fils, né à Paris le 14 février 1707 et mort dans la même ville le 12 avril 1777, est un écrivain français.

Claude Prosper Jolyot de Crébillon est dit « Crébillon fils » pour le distinguer de son père Prosper Jolyot de Crébillon (« Crébillon père »), célèbre auteur dramatique, membre de l'Académie française. Les deux hommes étaient fort différents : alors que le père écrivait de sombres tragédies, le fils se spécialisa dans les contes et romans licencieux ; le père était un géant au large torse et à la figure rubiconde, tandis que le fils, selon son ami Louis-Sébastien Mercier (Tableau de Paris) « était taillé en peuplier, haut, long, menu »[1].

Claude Prosper fait ses études chez les Jésuites du lycée Louis-le-Grand. Le supérieur du collège, le R. P. Tournemine, tente vainement de l'attirer dans cet ordre. Dès 1729, il collabore à un recueil satirique, l’Académie de ces Messieurs et à quelques pièces et parodies d'opéras : Arlequin, toujours Arlequin, Le Sultan poli par l'amour, L'Amour à la mode, etc. Toujours en 1729, Crébillon est parmi les fondateurs de la Société du Caveau, compagnie de chansonniers parisiens. Il y rencontre notamment le peintre François Boucher, le musicien Jean-Philippe Rameau. Ces réunions durent jusqu'en 1739. Son premier conte, approuvé par la censure, Le Sylphe, est publié en 1730 et connaît un succès public. En 1732, Crébillon publie les Lettres de la marquise de M. au comte de R., une monodie épistolaire.

En 1734, il publie Tanzaï et Néadarné, un conte licencieux qui remporte un vif succès mais dans lequel certains voient une satire de la bulle Unigenitus, du cardinal de Rohan et de la duchesse du Maine[2]. L'auteur est emprisonné quelques semaines à la prison de Vincennes. La duchesse du Maine a l'esprit non seulement de l'en tirer mais de l'admettre à Sceaux, ce qui lui ouvre les portes des salons parisiens.

Il fréquente ceux de Mme de Sainte-Maure, où il rencontre celle qui deviendra sa maîtresse puis sa femme, Marie Henriette de Stafford, et de Mme de Margy, qui est longtemps sa maîtresse et sert de modèle à la marquise de Lursay dans Les Égarements du cœur et de l'esprit. Jusqu'en 1743, il est également un habitué des lundi de Mlle Quinault où il rencontre Marivaux et Mme de Graffigny. Dès cette époque, il écrit avec réticence, révisant sans cesse ses ouvrages, hésitant à publier. Sa parole était lente et sa conversation conventionnelle et sans charme, hors quelques rares fulgurances. D'ailleurs, Mlle de Beauvoisin, citée dans les prétendus Souvenirs de la marquise de Créqui, l'interpelle en ces termes peu amènes : « Pédant, vilain pédant, tu es si pédant, si sérieux, si sec, si gourmé, si composé, si empesé et si ennuyeux, que je ne veux pas que tu viennes souper avec moi chez Monticour. Les demoiselles Avrillet ont dit à Collé que tu n'avais pas trouvé autre chose à leur dire que j'ai l'honneur de vous présenter mon très-humble hommage, ou bien mes devoirs les plus respectueux, pour changer. Va donc ! tu n'es qu'un manche à balai galonné ! tu ne fais pas autre chose que des révérences à la vieille mode, etc. »

En 1736, il publie Les Égarements du cœur et de l'esprit ou Mémoires de M. de Meilcour, roman dont l'un des protagonistes, M. de Versac, annonce le Valmont des Liaisons dangereuses. Après la publication du Sopha (1742), il est exilé à 30 lieues de Paris le 7 avril 1742. On lui reproche officiellement quelques audaces morales – certains croient reconnaître Louis XV dans le personnage ridicule et amusant du sultan Schah-Baham – mais son tort est surtout de laisser circuler ce conte pendant la période d'interdiction des romans. Il parvient à rentrer dans la capitale le 22 juillet en faisant valoir pour sa défense que l'ouvrage aurait été commandé par Frédéric II de Prusse et n'aurait été publié qu'à la suite d'une indiscrétion et contre sa volonté. Il récidive en 1746 avec Les Amours de Zeokinisul, roi des Kofirans[3], dans lequel l'allusion au roi est transparente. Ce roman parut sous le pseudonyme de Krinelbol.

En 1744, il a une liaison avec Marie Henriette de Stafford, fille de Jean de Stafford, chambellan de Jacques II d'Angleterre, jeune fille de haute naissance, douce, dévote, mais aussi, selon Charles Collé (Journal, janvier 1750), « louche et d'une laideur choquante ». Il l'épouse à Arcueil le 23 avril 1748, après la naissance d'un fils en 1746. Il se montre un époux irréprochable, d'une parfaite fidélité. Son fils meurt en 1750, et il connaît au même moment des difficultés financières.

Il obtient en 1753 une pension de 2.000 livres et un appartement de la part du duc d'Orléans qui devient en quelque sorte son mécène. Sa femme décède en 1755 et il n'hérite rien d'elle : ruiné, il est obligé de vendre sa bibliothèque. En 1758, il devient secrétaire du marquis de Richelieu pendant quelques semaines. En 1759, grâce à la protection de Madame de Pompadour, Crébillon est nommé censeur royal de la Librairie, fonctions que son père (qui meurt en 1762) avait également occupées et qu'il exerce honorablement, sort ironique pour un auteur libertin. En 1762, Madame de Pompadour lui accorde une pension de 2 000 livres sur sa cassette personnelle.

En 1768 il publie les Lettres de la Duchesse, roman épistolaire qui ne rencontre pas de succès en France. Après la publication des Lettres athéniennes en 1771, il cesse d'écrire, estimant qu'il a « perdu le fil de son siècle ». En 1772, de son vivant, une collection complète en sept volumes de ses œuvres est publiée, signe de sa reconnaissance en tant qu'écrivain. En 1774 il devient censeur de théâtre, pendant deux ans. Il meurt à Paris le 12 avril 1777 et La Place compose pour lui cette épitaphe :

Dans ce tombeau gît Crébillon.
Qui ? Le fameux tragique ? Non !
Celui qui le mieux peignit l'âme
Du petit-maître et de la femme.

Les romans et les contes de Crébillon fils ont longtemps été décriés pour leur immoralité et pour un style souvent jugé languissant et obscur. Pourtant, on pense qu'Alfred de Musset se serait inspiré, dans Un Caprice, du Hasard du coin du feu, et Henri Heine confiait : « Avant d'écrire, j'ai relu Rabelais et Crébillon fils. »

L'œuvre de Crébillon fils a été considérablement réévaluée au XXe siècle. Kléber Haedens affirme que « si l'on estime que la littérature licencieuse est plus divertissante que beaucoup d'autres et si l'on constate que Crébillon écrit dans une très bonne langue, qu'il est spirituel et fin, on ne peut s'empêcher de ranger ses contes parmi les œuvres les plus agréables du XVIIIe siècle. »[4]

Crébillon fils peint avec brio le relâchement des mœurs de son temps. Cynique, il ne croit ni à la vertu, ni à l'amour et leur préfère le plaisir :

« il est rare qu'une jolie femme soit prude, ou qu'une prude soit jolie femme, ce qui la condamne à se tenir justement à cette vertu que personne n'ose attaquer et qui est sans cesse chagrine du repos dans lequel on la laisse languir. » (Le Sylphe)
« Zâdis [...] était grave, froid, contraint, et avait toute la mine de traiter l'amour avec cette dignité de sentiments, cette scrupuleuse délicatesse qui sont aujourd'hui si ridicules, et qui peut-être ont toujours été plus ennuyeuses encore que respectables. » (Le Sopha)

Il est le peintre du libertinage, d'un monde d'hypocrisie, de duperie et de perfidie où perce à l'occasion un sentiment d'insatisfaction :

« Nous voulons satisfaire notre vanité, faire sans cesse parler de nous ; passer de femme en femme ; pour n'en pas manquer une, courir après les conquêtes, même les plus méprisables : plus vains d'en avoir eu un certain nombre, que de n'en posséder qu'une digne de plaire ; les chercher sans cesse, et ne les aimer jamais. » (Le Sopha)
En wat Le Sopha aangaat:

Le conte s'inscrit dans un cadre oriental évocateur des Mille et une nuits. Le narrateur, Amanzéï, est transformé en sopha et ne retrouvera sa forme humaine que « quand deux personnes se donneraient mutuellement et sur [lui] leurs prémices ». À l’intention du sultan Schah-Baham, qui s’ennuie, et de la sultane, il raconte les scènes dont il a été le témoin en faisant défiler successivement sept couples. Le dernier, formé de deux adolescents (Zéïnis et Phéléas) dont les jeunes cœurs jouissent innocemment du plaisir qu’ils se donnent, remplit la condition permettant de libérer Amanzéï.

Les différents épisodes – dont le plus long (9 chapitres) est celui de Zulica – sont autant d’occasions de ridiculiser l’hypocrisie sous ses différentes formes (respectabilité mondaine, vertu, dévotion).


Après la publication de ce roman, l’auteur est exilé à 30 lieues de Paris le 7 avril 1742 en raison du cynisme de l’ouvrage et de son libertinage, mais surtout parce que certains croient reconnaître Louis XV dans le personnage ridicule et amusant du sultan Schah-Baham. Crébillon parvient à rentrer dans la capitale le 22 juillet en faisant valoir pour sa défense que l’ouvrage aurait été commandé par Frédéric II de Prusse et n’aurait été publié qu’à la suite d’une indiscrétion et contre sa volonté.

Terug